Alors que le prix des vins de Champagne augmente depuis plusieurs années, il n'y a pas de véritable pause à attendre la saison prochaine. Ainsi, dans une série d'articles récents, Lemonde.fr transmet quelques informations intéressantes.
Commercialement parlant, 2007 sera l'année de tous les records:
"En 2007, le record de 327 millions de bouteilles vendues, qui date de 1999, devrait être assez largement battu. L'objectif serait à terme de passer le cap des 400 millions, ce que la dernière récolte pourrait permettre. Si certains n'hésitent pas à parler de pénurie, le mot ne plaît pas en Champagne : 'Il n'y a pas encore de pénurie, il faut juste gérer au mieux la rareté', indique-t-on chez Mumm-Perrier-Jouët (Pernod Ricard). Mais tous savent qu'au-delà d'un certain prix, le consommateur dira 'non merci'."
La hausse de la demande vient des nouveaux marchés: Asie, Russie, ... Les producteurs ont prévu une "réserve de guerre", pour pouvoir répondre à d'éventuelles hausses supplémentaires de la demande:
"C'est une chance, les quatre dernières récoltes ont été abondantes. Il y aura donc de quoi fournir en augmentant un peu l'offre dans les prochaines années, sans trop puiser dans les stocks (1 milliard de bouteilles, soit trois ans et demi de production). Mais pour la suite, si les cieux sont moins cléments, la situation pourrait devenir très problématique."
À plus long terme, les professionnels travaillent sur l'augmentation de la zone AOC pour satisfaire la demande, alors que 98% des terres autorisées sont cultivées:
"[T]out le monde ne sera pas servi comme il l'espère. 'Nous aurons affaire à quelques ingrats et à beaucoup de mécontents', prévient Daniel Lorson, porte-parole du Comité interprofessionnel du vin de Champagne. Et c'est justement pour éviter les pressions politiques ou économiques que les professionnels ont choisi des critères techniques stricts, et une philosophie : améliorer la qualité dans l'intérêt de tous.
C'est ainsi au nom de l'intérêt collectif que deux communes de la Marne, sur proposition des experts, pourraient carrément être déclassées. Germaine, dont les parcelles sont exploitées par l'incontournable Moët et Chandon, mais connues dans tout le milieu pour être particulièrement mal exposées. Mais aussi Orbais-l'Abbaye, où produit notamment Vranken-Pommery.
Dans les communes classées depuis 1927, des parcelles pourraient aussi être sorties de l'appellation. Toute une affaire, même s'il devrait être possible de conserver le droit de produire pendant trente ans. Vu l'enjeu, dans la riche Champagne, on s'attend déjà à des milliers de recours."